vendredi 31 juillet 2015

Un matin comme les autres



Des hurlements. Non, des cris d’enfants, ainsi que des marchandages, un bruit continu de circulation, un marché, sûrement le matin, c’est donc un méridien proche. C’est une ville, pauvre, au vu du brouhaha. Au moins je suis sur terre et non au milieu d’un océan, mes matins sont toujours difficiles, mais de tous, les réveils marins sont les pires. Des nombreuses interrogations qui me taraudent, celle ci est dans le haut de la liste: si la surface de la planète est recouverte aux ¾ d’eau, pourquoi je ne me réveille pas plus souvent dans celle ci ?

En ouvrant les yeux, je découvre mon environnement, je suis en hauteur, sur le toit plat d’un cabanon. Une forêt de bâches bleues s'étend sous mes yeux, à l’odeur, je crois reconnaître une odeur de café et de riz, puis une odeur de friture me décide enfin à me relever et aller chercher le petit déjeuner. Pour commencer, un money changer, c’est le plus simple moyen pour avoir des informations sur le pays et surtout quelques pièces pour faire mes emplettes. Alors ok, dormir en basket c’est pas sexy, mais franchement, vu l’état de la ruelle que je traverse, un grand sourire me monte aux lèvres face à cet obstacle que je n’ai pas à franchir.

Rapidement, je tombe sur une vitrine couverte d'autocollants “Mastercard” / “Visa” / “Amex” / … La boutique vend aussi de grands flacons de verre rempli d’une substance couleur pisse stockés à l'extérieur. Sur une publicité délavée, on peut lire “kokoh tak tertanding”, cette langue ne me dit rien. Sans hésiter, je rentre. Un vieil homme occupé à trier des caillou me jette un regard attentif; de ma poche, je sors un billet de 10 dollars, il comprend alors ce que je veux et me donne en échange une liasse de 10 billets de 1000 sur lesquels sont écrit les mots “BANK INDONESIA”.

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