Agrafeuse, Marais, Prémolaire.
C'est dans un train que s'est présenté pour la première fois le phénomène, je revenais d'une conférence formative obligatoire auquel mon supérieur m'avait demandé de me porter volontaire. Celle ci avait pour sujet "La communication au sein d'une équipe, facteur d'évolution ?", c'était la cinquième à laquelle je participais et je l'avais trouvée moins ennuyeuse que "Savoir rédiger un courrier électronique." ou encore "Valeurs d'entreprise, Valeurs familiales.". “Utilisation de l’agrafeuse dans le domaine professionnel” ne m’avais jamais été proposée, pourtant je n’aurais pas été si surpris de son existence.
Nous étions trois à habiter en province et nous prenions le même train. Machinalement, et sans même discuter, nous nous étions suivis sur le chemin menant à la gare et nous attendions alors, sur le quai, que les voyageurs pressés, malgré leur avance, aient fini de se bousculer. D'un commun accord nous avions fait un pas en arrière et avons alors pris le temps de discuter.
Jeanne d'abord se mit à parler : "Vous êtes de Marseille vous aussi ?".
Mon voisin de conférence dont j'ignorai le nom lui répondit : "Non, Saint Etienne! Allez les verts ! Haha !".
Un mal de tête me saisi. Sa réponse me rappela pourquoi je le haïssais. J'enchaînais donc, non sans laisser un long blanc, pour montrer ma désapprobation. "De Lyon pour ma part, j'ai de la famille dans le sud, mais personne de Marseille, désolé." ajoutai-je mimant une déception moqueuse.
Le pesant footeux proposa alors d'essayer de trouver des places à quatre et ce, pour ne pas s'ennuyer. Bien éduqué et un peu amolli par l'ennui pour tout avouer, je me surpris à accepter tout en lui rétorquant en moi même que pour ne pas m'ennuyer j'avais à cet effet pris :
- Un livre.
- La décision de dormir.
- Suffisamment de morphine à ma dernière “pause pipi” pour que le voyage soit confortable.
Puis, lorsque ce fut notre tour de monter à bord, Florent (Nous l'appellerons comme ça à partir de maintenant, cela simplifiera les choses.) se rua à bord et nous guida vers sa terre promise qui se promettait d’être mon enfer. Ce que je redoutais arriva, il trouva très vite et je me résigna à m’asseoir. Mon crane semblait rétrécir et comprimer mon cerveau.
J'étais une vache, fatiguée de donner du lait, qu'on menait à l’abattoir.
J'étais dans la salle d'attente du médecin, à attendre qu'on veuille bien m'arracher une prémolaire.
J'étais Jérôme Lavrieux, invité chez BFM TV.
Plutôt qu’une lourde description, laissez moi vous dessiner nos emplacements respectifs :
J'étais une vache, fatiguée de donner du lait, qu'on menait à l’abattoir.
J'étais dans la salle d'attente du médecin, à attendre qu'on veuille bien m'arracher une prémolaire.
J'étais Jérôme Lavrieux, invité chez BFM TV.
Plutôt qu’une lourde description, laissez moi vous dessiner nos emplacements respectifs :
Arrière du train
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| Jeanne Vide | | Mr1 Mr2 |
| ---------------------- Couloir --------------------|
| Moi Florent | | Mme1 Vide |
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Avant du train
Face à la gentille mais ennuyeuse Jeanne et à coté de l'horrible Florent j'allais vivre l'un des des plus étrange voyage jusqu’à aujourd'hui.
Le féru de ballon et de bière commença les hostilités assez rapidement, il nous entretint de sa mère, qui élevait des chèvres. Dans le coton de mon ivresse, je ne pris la décision de n'attraper au vol que les phrases et mots qui réussissais à évoquer le rêve. Je passais donc outre les histoires d’impôts trop élevés pour le petit entrepreneuriat et essayai de m'imaginer les différentes races de chèvres évoquées à travers leur nom.
L'alpine : La classique, celle qu'on voit dans les films qui montrent de beaux paysages Alpins.
La Nubienne : Surement un chèvre d'Afrique ... je la voyait famélique et agile, résistante et obstinée.
La Saanen : Une chèvre israélite assurément, une grande barbe et des tsintsin, à la manière des juifs orthodoxes.
Ma rêverie pris fin lorsque le TGV ralentit, nous passions surement près d'une zone urbaine. Florent continuait à débiter un flot de paroles comme si le fait de raconter sa vie allait la rendre plus intéressante. Après tout, je ne pouvais pas juger, je ne l'écoutais plus depuis longtemps. Jeanne, de son coté semblait suivre, je fis donc expérience de tendre l'oreille, et j’appris que la raison du ralentissement du train était que nous traversions les abords marais de Saône.
Je suis sur qu'il mentais, je ne suis pas expert en géographie française mais l'aversion que je ressenti à ce moment à son égard me pris comme un haut-le-cœur.
Tout à coup, je fut comme aspiré dans mon esprit, et c'est calme, apaisé, que je me mis à relativiser, à me dire que cet homme n'étais rien. Que je ne devais que l'oublier, ne plus l'écouter et que tout irais mieux.
Au bout de quelques instants, mes yeux s'ouvrirent sur une Jeanne, aux yeux écarquillés qui regardait fixement le siège vide de Florent.
Le féru de ballon et de bière commença les hostilités assez rapidement, il nous entretint de sa mère, qui élevait des chèvres. Dans le coton de mon ivresse, je ne pris la décision de n'attraper au vol que les phrases et mots qui réussissais à évoquer le rêve. Je passais donc outre les histoires d’impôts trop élevés pour le petit entrepreneuriat et essayai de m'imaginer les différentes races de chèvres évoquées à travers leur nom.
L'alpine : La classique, celle qu'on voit dans les films qui montrent de beaux paysages Alpins.
La Nubienne : Surement un chèvre d'Afrique ... je la voyait famélique et agile, résistante et obstinée.
La Saanen : Une chèvre israélite assurément, une grande barbe et des tsintsin, à la manière des juifs orthodoxes.
Ma rêverie pris fin lorsque le TGV ralentit, nous passions surement près d'une zone urbaine. Florent continuait à débiter un flot de paroles comme si le fait de raconter sa vie allait la rendre plus intéressante. Après tout, je ne pouvais pas juger, je ne l'écoutais plus depuis longtemps. Jeanne, de son coté semblait suivre, je fis donc expérience de tendre l'oreille, et j’appris que la raison du ralentissement du train était que nous traversions les abords marais de Saône.
Je suis sur qu'il mentais, je ne suis pas expert en géographie française mais l'aversion que je ressenti à ce moment à son égard me pris comme un haut-le-cœur.
Tout à coup, je fut comme aspiré dans mon esprit, et c'est calme, apaisé, que je me mis à relativiser, à me dire que cet homme n'étais rien. Que je ne devais que l'oublier, ne plus l'écouter et que tout irais mieux.
Au bout de quelques instants, mes yeux s'ouvrirent sur une Jeanne, aux yeux écarquillés qui regardait fixement le siège vide de Florent.
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