J'ai beau chercher, je ne trouve rien. Pas un mot, pas un texte, pas un article, pas une définition, pas de trace que quelque question d'un parent inquiet sur un forum obscur, pas d'article médical, pas d'antonyme dans aucun des différents dictionnaires. Rien, absolument rien.
Comme à chaque fois que ce sujet revient me hanter, je veux savoir si j’existe comme je me définis. Je sais que d'autres se posent la même question que moi, j'ai vu leurs recherches sur google : "antonyme surdoué", "contraire surdoué" et d'autres formulations du même genre. J'ai cherché à me définir avec les même mots clés qu'eux, et pages après pages, rien, toujours rien, le néant.
J'aimerais pouvoir les rencontrer, leur parler, peut être que ce sont des parents inquiets pour leur marmot stupide, peut-être est-ce une adolescente superficielle qui, arrivée au lycée réalise après tout qu'elle est plus conne que chacun des "amis" qu'elle rencontre ? Peut être est ce moi qui, depuis des années ai laissé ma trace chez google ? Peut être suis-je si quelconque que je ne mérite pas ma vitrine?
Trop de question. Il est temps de barricader cette partie de mon cerveau, celle qui se rebelle contre le reste, mou et lent, celle qui crie à l'injustice d'être enfermée avec tous ces cons. C'est un peu Secret-Story dans ma tête. D'ailleurs, c'est l'heure !
Un bol de corn flakes, un canapé, une tv, et je vais pouvoir emmurer vivant ce reste de vie dans cette méduse qui me sert à penser.
Une heure plus tard , Jérémie pleure et Alysson le regarde en gesticulant à cause d'une histoire absurde de coiffure que je n'ai pu comprendre à cause de leur accent du nord. Mais je suis sur que c'est Jérémie qui a raison, d'ailleurs Benjamin Castaldi nous montre un florilège de moments ou Alysson a eu tort. C'est sur, Jérémie est la victime. De toute façon son secret à lui c'est qu'il est survivant d'un crash et quand on a vécu ce genre de trucs, on devient différent, on "s'en fou des petites broutilles de la vie parce que c'est déjà énorme d’être encore là". C'est ce qu'il a dit dans sa présentation. Ça m'a marqué, depuis j'aimerais bien que ça m'arrive, ou un truc moins glauque, peut être sauver des gens, devenir riche, ou juste faire Secret Story.
Bon, c'est fini, je repasse devant mon ordinateur, je vois mes recherches, ces 50 pages que j'ai ouvertes. Je manque de retomber dans le gouffre de mes questionnements mais une notification facebook me rattrape à la dernière minute. C'est un gars qui aime ma photo de profil. C'est mes nouvelles baskets, je prends mes pieds en photo avec mon Iphone à chaque fois que j'en achète une paire, c'est con, mais ça me fait rire...
La télévision, en fond, continue d'essayer d'attirer mon attention, je l'ignore, je suis vide, elle m’empêche de penser. Le gars qui l'a inventé voulait emmener le théâtre dans les maisons, moi, c'est comme anesthésiant que je l'utilise, l'avantage par rapport à la drogue c'est que je peux l'éteindre quand j'ai besoin. Au loin, par la fenêtre, un grand sapin a l'air dépressif, ses branches tombent bêtement. Si il venait à tomber, je descendrais les marches de mon immeuble, courrais à travers les parkings, et je sauverais la femme et son nouveau né coincés dessous lors de la chute. Je serais un héros.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire