J'arrivais face à la prétentieuse plaque dorée. J'étais en retard, Catherine Aschenbrenner, psychanalyse lacanienne, ne me le reprochai pas. Pour les quinze ou vingt premières séances je trouvais des excuses, les mêmes que j'utilisais au collège, puis au lycée et enfin au travail. Le bus, le réveil, l'urgence familiale, la maladie, les embouteillages, des travaux, un événement inattendu tel un clochard agressif, une inattention-quant-à-ma-bouilloire-que-j'avais-laissée-sur-le gaz-malgré-le-fait-que-j'avais-déjà-oublié-la-cafetière-hier.
Puis, mon allemande de psychologue (ce n'est pas cliché, Freud était Autrichien) m'avait prié de lui dire la vérité, argumentant que ce retard m'était facturé. Libérateur, ce fait ne m’empêcha pas pour autant de partir de chez moi à l'heure du rendez-vous.
Perdue dans mes pensées, je n'avais pas écouté le début de son discours, viendrait le moment où j'allais devoir lui répondre. A l’instinct, soupesant son regard, je compris qu'elle entamait son sempiternel résumé de nos discussion inachevées. En trois mots je la relançais pour pouvoir continuer à réfléchir à ce qui occupait mes pensée : Comment faire payer Jacques Martin !?
Pour le prochain, le mot c'est SOUFFRANCE.
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